MONTLUEL (01) 14.05.2022

Summary
Observation du déplacement silencieux d'une PAN d'une forme rectangulaire sombre dans le ciel nocturne à basse altitude : phénomène non identifié après enquête.
Description

Le 14 mai 2022 vers 03h10, depuis le balcon de son appartement à Montluel (Ain, 01), un unique témoin observe un PAN. En direction du sud, il remarque pendant environ 8 secondes le passage d'ouest en est d'un objet gris anthracite de forme rectangulaire. Ce PAN, sans lumières ni traînée, apparaît selon le témoin d'environ 20x40 mm à bout de bras. Il émerge silencieusement derrière une colline au sud-ouest, à 15° d'élévation, suit une trajectoire rectiligne horizontale, puis disparaît derrière une autre colline au sud-est à la même élévation. Le témoin décrit deux particularités marquantes : une déformation des nuages lors de son passage, comparable aux effets observés autour des trous noirs, et la présence d'un halo blanc ténu l'entourant. L'étrangeté de l'observation a été particulièrement significative pour le témoin.

Initialement jugée moyenne, la consistance* du dossier a été réévaluée comme bonne suite à l'enquête de terrain. Cette réévaluation s'explique par la parfaite collaboration du témoin avec les enquêteurs, malgré l'absence de documentation visuelle (photo ou vidéo) du PAN et le caractère unique de l'observation.
Le questionnaire technique (QT) a été complété par le témoin seulement trois jours après l'observation et les données recueillies sur le terrain (13 mois plus tard) sont très complètes et apparaissent fiables (voir le compte rendu d'enquête).
*Selon les critères du GEIPAN, la consistance est la quantité d'informations considérées comme fiables et objectivées, recueillies pour un témoignage.

Les relevés effectués lors de l'enquête de terrain, complétés par les calculs d'analyse (prenant en compte la surestimation de la taille apparente du PAN par le témoin), démontrent que le PAN, disparaissant derrière une colline en fin d'observation, devait mesurer au minimum 15 mètres de longueur et se déplacer à une vitesse minimale de 130 km/h..
Le témoin a également, envisagé plusieurs hypothèses explicatives, allant d'un phénomène naturel évoquant un trou noir rectangulaire en mouvement à un aéronef militaire doté de capacités de dissimulation, en passant par un ballon dirigeable avec émission de chaleur, un nuage d'insectes, un nuage bas ou une possible projection mentale. Cependant, aucune de ces hypothèses ne parvient à expliquer de manière satisfaisante les caractéristiques du PAN observé, en raison des divergences significatives entre leurs propriétés et celles du phénomène décrit. Par ailleurs, l'hypothèse d'un phénomène aéronef, bien que les données calculées (distance d'observation, tailles et vitesses possibles du PAN) soient compatibles avec celles d'un aéronef, apparaît peu vraisemblable. Cette faible probabilité s'explique par l'importante différence entre l'apparence du PAN et celle d'un avion ou d'un drone. Par ailleurs, aucun aéronef n'a été enregistré par les radars ni n'apparaît sur les cartes de restitution du CAPCODA (Centre Air de Planification et de Conduite des Opérations et de Défense Aérienne, Armée de l'Air et de l'Espace).


L'enquêteur a formulé deux hypothèses supplémentaires pour expliquer l'observation :
- L'hypothèse du rêve éveillé (hypnopompique ou hypnagogique) :
Bien que plusieurs causes puissent expliquer ce phénomène, nous nous concentrerons sur celle liée à l'insomnie ou à une fragmentation du sommeil, en relation avec l'activité nocturne du témoin. Celui-ci a en effet indiqué avoir adopté un rythme décalé entre décembre 2021 et décembre 2022, se couchant vers 6h du matin, sans périodes d'endormissement pendant ses veilles nocturnes et avec une adaptation rapide à ce rythme. Compte tenu de ces éléments, il apparaît peu probable que le témoin ait été sujet à ce type de rêve éveillé, qui ne se serait produit qu'une seule fois.
- L'hypothèse de la persistance rétinienne négative :
Ce phénomène, qui résulte d'une exposition prolongée à une source lumineuse, peut générer une image en négatif persistant sur la rétine. Le témoin passant une grande partie de la nuit devant ses écrans, face à des fenêtres rectangulaires, il est possible qu'il ait été sujet à ce phénomène lors de ses pauses. Le passage brutal d'une luminosité intense à une ambiance plus sombre pourrait théoriquement créer une illusion d'optique rectangulaire et foncée, similaire à la description du PAN.
La chronologie reconstituée lors de l'enquête terrain montre qu'environ 30 secondes se sont écoulées entre le moment où le témoin quitte son poste de travail et celui de l'observation. Cependant, la durée de persistance d'une telle illusion reste incertaine, car elle nécessite une concentration prolongée et un regard fixe, et est favorisée lorsque les yeux restent fermés.
Plusieurs arguments solides remettent en cause cette hypothèse :
- Régularité des conditions d'observation : Le témoin travaille dans les mêmes conditions depuis plusieurs mois et suit un rituel identique lors de ses pauses. Il est donc improbable qu'il n'ait observé ce phénomène qu'une seule fois sans en être interpellé.
- Absence d'observation dans l'obscurité : Si le phénomène avait été dû à une persistance rétinienne, le témoin aurait dû l'observer également lors de son trajet dans l'obscurité vers le balcon, ce qui n'a pas été le cas.
- Caractéristique inexplicable : La déformation des nuages en arrière-plan lors du passage du PAN, élément central de l'étrangeté, ne peut être expliquée par une simple illusion d'optique.
Ces observations permettent de conclure que l'hypothèse de persistance rétinienne ne correspond pas aux caractéristiques du phénomène observé.

En conséquence, aucune hypothèse de phénomène connu ne permettant de réduire l'étrangeté perçue par le témoin et compte tenu de la consistance du témoignage jugée satisfaisante, le GEIPAN classe ce cas en « D », à savoir phénomène non identifié après enquête.